Buenos Aires, c'est aussi des aspects extrêmement difficiles.
Il paraît qu'on s'habitue à la misère, dans ce cas je peux vous dire que 5 mois ne sont pas suffisants. Ni même 31 ans d'ailleurs.
Pourtant, il y avait eu Mexico avant, j'ai encore très nettes dans la tête les images de ces gamines de 14 ans tenant un nourrisson dans leurs bras, faisant la manche dans le métro, crasseuses et encore plus difficile à supporter, complètement résignées. Ou ces gosses sniffant de la colle, dans la rue, en plein après-midi, en sortant de l'aéroport.
Pourtant il y avait eu Paris avec ces scènes de misères ordinaires comme on dit, ceux qui quémandent quelques pièces ou ceux qui s'organise un abri de carton, sous une porte pour passer la nuit.
Pourtant il y a eu Shenzhen et ces milliers de chinois qui s'entassent sur des matelas plus fin qu'un drap, à moitié sur le trottoir, à moitié sous un abri de béton.
Pourtant, dès que l'on voyage un peu ou même dès qu'on ouvre les yeux, ce ne sont pas les scènes de misères qui manquent.
Mais Buenos Aires me remue encore plus.
Parce que ce sont des familles entières que l'on voit là devant sa porte.
Parce qu'on y croise tant et tant de femmes enceintes qui dorment devant une boutique qui vend des sacs à mains ou des vêtements.
Parce qu'il y a tout un tas de vieux qui ne peuvent plus travailler, qui sont trop faibles, et qui viennent vous demander une piecette le regard baissé, à la terrasse du restaurant ou vous déjeunez, parce que c'est le seul moyen de subsistance, alors qu'ils ont travaillé toute leur vie.
Parce que ce soir, devant ma porte, 2 gamins, pas plus de 7 ou 8 ans, sont en train de s'organiser pour dormir là, et ils ont fouillé les poubelles aux alentours et en ont récupéré 2 fonds de bouteilles de soda et des légumes moisis, et qu'ils vont les consommer.
Parce qu'hier, il y avait un bébé de 2 ans qui jouait tout nu dans un caniveau pendant que ses parents dormaient sur un matelas adossé sur une poubelle à côté.
Parce que l'Argentine est un pays qui nous ressemble tellement que l'echo de toutes ces scènes est plus fort.
Parce que c'est un pays qui a été grand et ou tout le monde avait une place, mais depuis leur crack de 2001, beaucoup sont en survie et beaucoup se meurent.
Parce que, contrairement à presque toutes les misères du monde, on a peu d'espoir qu'elle diminue, car l'Argentine n'est plus un pays en progression (éducation, social, santé...) depuis 2001.
Et enfin, parce que finalement rien ne se pense sans égoisme, les gens qu'on croise ici, qui collectent les cartons pour les revendre et qui n'ont pas de toit, sont des victimes d'un système qui est tombé et qui les dépasse, ce sont des gens qui travaillaient et qui ont une éducation, des gens qui pourraient être des connaissances, des proches ou moi.
Je n'ai pas l'habitude de vous livrer ce genre de post, mais c'est aussi ça l'Argentine.
Je trouvais donc important de vous en parlez aussi.
Nanou au Perou ...#2
Il y a 14 ans




ouf, pour une fois tu me fais pleurer
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